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Le Magazine de l'UnaformeC - Bimensuel
Numéro 76 du jeudi 19 juin 2008.


  • Editorial : Enfin libres...
  • FMC et EPP: des origines à nos jours.
  • Le nouveau site web de l'UNAFORMEC : plus interactif, plus simple, plus dynamique...
  • FPC 2008 et quelques séminaires...
  • Bibliomed 510 du 19 juin 2008 : L’information, un droit du patient
  • Journal faxé du 18 juin 2008 : Prescripteur et prescrit : diminuer le malentendu
  • Les actualités de l'UNAFORMEC

doreEditorial : Enfin libres....

Madame Bachelot en qualité de ministre de la Santé, nous fait savoir que l’obligation de FMC doit disparaitre… (dans son discours prononcé le 27 mai à l'inauguration d'Hôpital Expo Intermédica et dans son entretien avec le Quodtiden du Médecin cette semaine).
Débarrassé, de l’obligation de se former, le médecin va pouvoir améliorer sa pratique en toute liberté :
- Ne plus se préoccuper de savoir si l’organisme dispensateur de FMC auquel il s’adresse est agréé, s’il est indépendant financièrement ou syndicalement.
- Ne plus se préoccuper du nombre d’heures qu’il consacre à sa formation.
- Ne plus se préoccuper de savoir si le thème choisi est un thème prioritaire. Il pourra même choisir des thèmes issus des difficultés qu’il rencontre dans sa pratique !
- Ne plus se préoccuper de vérifier si ses lectures sont entourées de publicité ou soumises à comité de lecture.
- Ne plus se préoccuper des sources de documentation ni leur niveau de preuve.
- Ne plus se préoccuper de ce qui rend visible son activité de FMC, fini les papiers, plus d’émargement, de rapports de séances, etc.
- Ne plus se préoccuper de ce qui témoigne de la qualité de sa FMC : méthode de détermination des besoins, référencement des sources, indépendance des expertises, évaluation…
- Ne plus se préoccuper des sources de financement.
Il sera libre du choix des thèmes, des méthodes, des intervenants et comble de la liberté il pourra financer lui-même sa FMC.

Mais si elle n’est plus obligatoire, les médecins feront-ils encore de la FMC ? Peu importe du moment qu’ils restent compétents. Mais alors, qui vérifiera cette compétence, avec quels référentiels, quelles méthodes, à quel rythme et avec quels financements ?
Autant de questions que la prochaine loi promise sur l’organisation de la santé doit prévoir.

Mais attaché à toujours améliorer ma pratique par une FMC de qualité, comme avant 1996 (date de la légalisation de l’obligation de FMC), je reste à l’UNAFORMEC, vigilant pour que ma FMC respecte qualité scientifique, pédagogique, pertinence et indépendance. Je reste attentif à ce que ma FMC tienne compte de l’Évaluation de mes besoins de formation, de la réalité de ma pratique. Je reste intéressé par l’impact de mes formations sur ma pratique et sensible à la satisfaction que cela me procure.

En somme, je vais pouvoir librement mêler FMC et EPP.

Michel Doré, Président de l’UNAFORMEC

Lire dans ce numéro le dossier "FMC et EPP: des origines à nos jours"et aussi le Journal Faxé du 28 mai 2008: FMC obligatoire : retour à la case départ


etagereFMC et EPP: des origines à nos jours.

Pour comprendre l'imbroglio actuel de la FMC et de l'EPP, quelques rappels historiques sont utiles : de la loi Delors (en 1971) aux derniers avatars de la législation sur la formation médicale continue (des textes continuent – et continueront – à paraître), il y a plus de 3 décennies d'évolution, et probablement de rupture, considérables : on est passés d’un concept de « droit » des salariés à celui d’une « obligation » concernant des professionnels (salariés ou non). On est passé d'une obligation de FMC (validée sur les crédits) puis d'EPP (validée sur son caractère continu) à une proposition ministérielle d'obligation d'évaluation des compétences (vous avez dit "recertification"?). Ces évolutions ne sont pas innocentes, et prêtent au débat.
Nous vous présentons dans ce dossier le feuilleton de la FMC et de l'EPP, dont les derniers épisodes restent à écrire.

Pour accéder au dossier...


site2Le nouveau site web de l'UNAFORMEC : plus simple, plus dynamique...

Le nouveau site web de l'UNAFORMEC est en ligne. Plus simple (avec un organisation en 7 chapitres), plus dynamique, avec des intervews en vidéo qui alimenteront progressivement les rubriques, il a pour ambition d'être plus accessible, en affichant constamment le plan du site. Enfin, il permettra aux associations et aux chargés de projet de l'UNAFORMEC de disposer d' un espace privé sécurisé.
Vous accédez directement au programme des séminaires conventionnels, actualisés en temps réel, aux différentes publications de l'UNAFORMEC, et aux actualités de l'Union.

Pour visiter, c'est ici...


groupe

FPC 2008


Les séminaires de FPC 2008. Le catalogue 2008 est en ligne sur le site de l'UNAFORMEC.

En 2008 l’Unaformec vous propose les thèmes de formations suivants.

  • Améliorer la prévention primaire du risque cardiovasculaire
  • Diabétique de type 2 : éducation diététique
  • Exploration des dysthyroïdies : arrêter le gâchis !
  • Pourquoi et comment passer à l’insuline un patient diabétique de type 2 ?
  • Alcool, tabac, cannabis, comprendre, repérer, accompagner
  • Le médecin généraliste et le dépistage organisé : pour quels cancers
  • Le généraliste : soins palliatifs et douleur à domicile
  • Obésité de l’enfant : prévenir, conseiller, accompagner
  • Pourquoi, quand et comment dépister les troubles auditifs et visuels du petit enfant (1 mois – 6 ans)
  • Chutes accidentelles chez les personnes âgées : repérer le risque et prévenir la chute
  • Dépendance personnes âgées : évaluer, prévenir, gérer
  • L’art de prescrire en aigu chez une personne âgée (latrogénie, bonjour les dégâts)
  • Prescription des hypolipémiants : évaluer et informer pour une décision partagée
  • Voyage au cœur du sommeil : les insomnies : essai de réponses
  • Le médecin généraliste et les maladies professionnelles
  • Traumatismes et plaies de la main : prendre en charge et informer pour prévenir
  • Optimiser l’ordonnance, certes mais pourquoi et comment ?
  • Maladies chroniques : aider le patient à gérer sa maladie
  • Généraliste et dépression : reconnaître, soigner et accompagner

Visualisez le programme (dates et lieux) et le formulaire d'inscription en cliquant ici 


Actualités de la formation: quelques séminaires attrayants ...

insulinePourquoi et comment passer a l’insuline un patient diabétique de type 2 ?
En France la prévalence du diabète de type 2 serait de l’ordre de 2.2%  soit 1 250 000 personnes en 1995 (ANAES) et de 5,2% chez les 35 à 65 ans.  Par le poids de ses complications il représente un enjeu économique important avec un retentissement potentiel sur la qualité de vie considérable (cécité, amputations, AVC, dialyse …).
L’étude UKPDS nous a appris que l’évolution de la maladie se fait vers une dégradation progressive et quasi inéluctable de la sécrétion endogène d’insuline. Le passage à l’insuline deviendra donc de plus en plus utilisé pour abaisser l’hémoglobine glyquée même si l’insuline n’a pas montré sa supériorité sur le régime alimentaire, l’exercice physique et le traitement oral.
Objectif général : A l’issue de cette formation les participants doivent mieux connaître les indications de l’insulinothérapie dans le diabète de type 2 et être capables de négocier avec le patient le passage à l’insuline,  prescrire de l’insuline à un diabétique et éduquer un diabétique qui reçoit pour la première fois de l’insuline.
Quatre étapes :

      1. Identifier les représentations des médecins et des patients sur l’insulinothérapie
      2. Identifier les différentes insulines et les modalités de leur prescription
      3. S’adapter au patient et le former
      4. Annoncer l’insulinothérapie et construire avec le patient son projet thérapeutique

Formation de 2 jours consécutifs pour Généralistes
Une prochaine session aura lieu les 26 et 27 septembre 2008 - Le Mans, Pays de la Loire
Nombre de participants : 25
Region : Pays de la Loire
Responsable de l'action : POUPELIN RENEULT Flora
Téléphone inscription : 02 40 48 47 23
Mail inscription : uraformec.pl@orange.fr


paDépendance des personnes âgées : évaluer, prévenir, gérer
Un français sur cinq a plus de 60 ans. Parmi eux, 5 % sont confinés au lit ou au fauteuil et les 2/3 vivent à domicile.La dépendance nécessite une prise en compte globale par l’ensemble des équipes soignantes. De par sa connaissance du patient et de son environnement, outre sa responsabilité dans la décision médicale, le Médecin de Famille est le principal garant d’une prise en charge adaptée.
Objectif général : Il s’agit de permettre au médecin d’assurer les soins de 1er recours selon une démarche généraliste conforme aux recommandations et référentiels de bonne pratique et d’être le garant d’un réseau de soins coordonné centré sur le patient.
Quatre étapes :
- Identifier la perte d’autonomie
- Etablir un diagnostic global de la situation du patient
- Identifier les ressources
- Aider les aidants et protéger le patient dépendant
Formation de 2 jours consécutifs pour 24 participants [Généralistes et spécialistes : médecine physique et de réadaptation]
Une des prochaines sessions se tiendra à: Bouguenais (Pays de la Loire) les 6 et 27 septembre 2008 - 16 crédits
Organisateur: VERCOUTERE Michelle Téléphone inscription : 02 40 48 47 23 Mail inscription : uraformec.pl@orange.fr


ordoOptimiser l’ordonnance, certes mais pourquoi et comment ?
Une ordonnance française compte en moyenne 4,5 médicaments contre 0,8 dans les pays du Nord de l’Europe. La consommation, particulièrement forte pour certains médicaments (antibiotiques, statines psychotropes), pose problème. L’enquête nationale sur les évènements indésirables graves liés aux soins (Eneis) a mis en évidence que le médicament a été impliqué dans 39% des effets indésirables graves causes d’hospitalisations. Ceci renforce la nécessité de réévaluer régulièrement le bien fondé des prescriptions en tenant compte des prescriptions des autres professionnels de santé, d’une éventuelle automédication ainsi que d’une mauvaise observance. En partant des dossiers des participants et des dernières prescriptions médicamenteuses qui s’y trouvent, comment fonder les prescriptions sur les données actuelles de la science, le contexte médico-psycho-social et les valeurs et représentations du patient ?
Six étapes
− Regard sur les pratiques
− Les autres choix possibles en matière de prescriptions
− Les bonnes résolutions sont-elles réalisables ?
− Utiliser une grille « reflet d’une décision de prescription d’un médicament »
− Le vécu de l’évaluation
− Les actions à mettre en œuvre pour améliorer les pratiques
2 jours de formation pour Généralistes et toutes spécialités. 19,2 crédits (thème prioritaire).
Organisatrice: Marie-Françoise HUEZ.
Orléans les 5 et 6 décembre 2008. Informations et inscriptions: http://perso.wanadoo.fr/ucaformec/


bibliomedBibliomed 510 du 19 juin 2008 : L’information, un droit du patient
La loi du 4 mars 2002 a fait de l’information du patient – jusqu’alors obligation déontologique - un droit. Elle a ainsi entériné une évolution progressive de la société française, peut être accélérée par les caractéristiques des patients atteints de SIDA et la mobilisation active de leurs associations dans les années 1980-90, vers une plus grande participation des patients à la décision médicale. La relation « classiquement » paternaliste, où le médecin seul « savait », et donc était fondé non seulement à proposer, mais souvent à imposer à ses patients ce qu’il jugeait bon pour eux, devrait laisser place à une approche plus partenariale.
Le patient, lui aussi porteur d’informations à prendre en compte, est à même de « négocier » avec son médecin les choix et décisions qui le concernent.

Pour lire la suite… (réservée aux abonnés à Bibliomed) et pour s’abonner à Bibliomed.


jfaxJournal faxé du 18 juin 2008 : Prescripteur et prescrit : diminuer le malentendu

« Mal français sur ordonnance », en tous cas exception parmi les pays d’Europe : trop de médicaments prescrits, une minorité de français littéralement « gavés », notamment les personnes les plus âgées…
Quels sont les « bons » remèdes, entre responsabilisation des uns – les prescrits - et des autres – industriels et prescripteurs -, automédication, génériques ?
Le système de remboursement ne semble pas en cause, mais les différences de comportement de prescription, avec un attrait marqué de la « nouveauté ».
La responsabilisation prescripteur-prescrit passe par une meilleure formation et information des uns et des autres.

Plusieurs études ont montré que quel que soit le système de santé, les attentes du patient jouent dans la prescription un rôle important, peut être plus encore dans l’interprétation qu’en a le prescripteur que dans la réalité chez le prescrit [1]…Peut-on mieux faire ?

Responsabiliser le prescrit ? La franchise médicale qui s’applique depuis le 1er janvier 2008 affiche cet objectif : 50 centimes d’€ par boite de médicaments et par acte paramédical, 2€ par transport sanitaire (plafonnés à 50€ par an). Une franchise similaire de 1€ avait été mise en place pour les actes médicaux et les examens radiologiques et analyses, ainsi que diverses participations forfaitaires, par exemple 18€ pour les actes cotés plus de K50 ou autres frais d’hospitalisation. Il est évidemment trop tôt pour en tirer des conclusions, mais la compagnie d’assurances Swiss Life estimait au vu de son expérience dans plusieurs pays que les franchises médicales ne sont « efficaces » que quand elles atteignent 20% du prix d’un produit [2]… Selon le rapporteur de la mission parlementaire, « le gouvernement a ouvert la boite de Pandore : les franchises médicales sont appelées à augmenter ». Plutôt que cette responsabilisation financière, le rapport parlementaire préconise une meilleure diffusion de l’information sur le médicament en direction du grand public, des stratégies de développement de l’éducation thérapeutique et une aide à l’observance et aux programmes d’accompagnement des patients, ainsi qu’une valorisation du rôle des pharmaciens d’officine pour développer une automédication responsable.

Prescripteur-prescrit : diminuer le malentendu. Comme le souligne le rapport, si l’acte de prescription est bien le fait du praticien, celui-ci est soumis aux attentes de prescription, voire à la pression du patient, pression ressentie par les praticiens français comme étant plus forte que dans d’autres pays européens. Ce ressenti ne semble pourtant pas toujours correspondre aux attentes réelles des patients, comme l’ont montré plusieurs études récentes [1]. Dans certains cas, la surprescription de médicaments résulterait d’une surévaluation de l’attente du patient, dont les motivations sont complexes, liées à ses représentations de la maladie (nature, gravité…) et du médicament. C’est la seule explication plausible de la réussite du slogan « les antibiotiques, c’est pas automatique »… A un moment de la consultation, il faut lever tout malentendu. Pourquoi ne pas poser directement la question : « qu’attendez vous de moi ? » ou « sommes nous bien d’accord ? ». La prescription, et plus encore la non-prescription, ne peuvent être qu’une décision partagée.

JP VALLEE

Notes :
[1] Gallois P et al. Prescription médicamenteuse : un acte sous influences. Médecine. 2007 ;3(10):456-61.
[2] MECSS. Examen du rapport d’information sur la prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments. Sur www.assemblee-nationale.fr

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