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Le Magazine de l'UnaformeC - Bimensuel
Numéro 93 du lundi 6 juillet 2009.


  • Editorial. DPC : Une aide précieuse demandée par le ministère ?
  • En 2009 l’Unaformec vous propose des séminaires indemnisés.
  • FPC 2009: accéder aux formations conventionnelles sur notre site web ...
  • Bibliomed 552 du 3 juillet 2009 : Quelle stratégie de traitement pour le diabète de type 2 ?
  • Journal Faxé 480 du 24 juin 2009 : La folie de l'évaluation permanente.
  • Les actualités de l'UNAFORMEC

drahiEditorial. DPC : Une aide précieuse demandée par le ministère ?

HPST a été votée. HPST, c’est avant tout une réforme du système de santé pour lui donner plus de cohérence :
- Régionalisation et gouvernance des ARS.
- Renforcement de la gestion économique .
- Stratégies coopératives interprofessionnelles, avec par exemple les Maisons de santé pluriprofessionnelles.
- Centrage du système sur le médecin traitant (une ébauche de système de santé organisé autour des soins primaires ?) , mais l’hôpital est seul reconnu comme un pôle d’excellence.
- Éducation thérapeutique du patient inscrite comme un outil essentiel de la prise en charge des maladies chroniques.
Mais le texte adopté le 23 juin dernier n'est un grand cadre, qui devra être précisé par des décrets.
A propos de cette loi, nous revenons encore une fois sur le Développement Professionnel Continu (DPC), et nous faisons plusieurs remarques :
- la définition du DPC ne figure pas dans la loi. Ce ne sont que ses objectifs que nous pouvons lire, qui ne sont qu’un copié-collé de ceux de la FMC dans le projet de loi d’octobre dernier (1).
- Le DPC est une obligation, dont les modalités seront déterminées par un décret (2).
- Les Conseils Nationaux de FMC disparaissent, et ne sont pas remplacés par un Conseil National du DPC comme cela avait été prévu (à moins que les décrets ne corrigent cet oubli).
- Les financements sont confiés à un organisme gestionnaire unique (FAF + OGC ?), qui enregistre les organismes après avis d’une commission scientifique, déterminée par décret (3).
- L’Ordre des Médecins est chargé de veiller au contrôle de l’obligation.

En lisant cette loi, nous devons bien convenir que nous restons sur notre faim. La seule chose claire est une obligation. Mais peut-être devons nous nous réjouir que la loi ne donne pas un cadre précis : les décrets restent à écrire. Nous ne doutons pas que l’avis de la profession sera demandé par les services du ministère ; ce sera à notre sens une aide précieuse pour rendre faisable, acceptable et utile ce DPC aux médecins, et pourqupoi pas aux patients...

Éric DRAHI

1- Le développement professionnel continu a pour objectifs l’évaluation des pratiques professionnelles, le perfectionnement des connaissances, l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins ainsi que la prise en compte des priorités de santé publique et de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé. Il constitue une obligation pour les médecins.
Dans le projet de loi d’octobre denier nous lisions : « La formation médicale continue, qui comporte un volet relatif à l’évaluation des pratiques, constitue une obligation pour les médecins. Elle a pour objectifs, outre l’évaluation individuelle ou collective des pratiques professionnelles, le perfectionnement des connaissances, l’amélioration de la qualité des soins et du mieux-être des patients, notamment dans le domaine de la prévention, ainsi que l'amélioration de la prise en compte des priorités de santé publique et de maîtrise médicalisée des dépenses de santé financées par la collectivité. »
2- Un décret en Conseil d’État détermine les modalités selon lesquelles : « 1° Les médecins satisfont à leur obligation de développement professionnel continu ainsi que les critères de qualité des actions qui leur sont proposées à ce titre ;...
3- L’organisme gestionnaire du développement professionnel continu, après évaluation par une commission scientifique indépendante, enregistre l’ensemble des organismes concourant à l’offre de développement professionnel continu et finance les programmes et actions prioritaires. Un décret fixe les missions, la composition et les modalités de fonctionnement de la commission scientifique indépendante.


programme09En 2009 l’Unaformec vous propose des séminaires indemnisés.


FPC 2009: accéder aux formations conventionnelles sur notre site web ...

site

Sur les pages de notre site, vous avez accès au programme des séminaires de FPC 2009.

Vous pouvez :
- télécharger la plaquette programme,
- accéder au programme des séminaires par titre, date, région et par organisation...
- voir la liste des séminaires nationaux et leur détail
- lire les conditions d'inscription
- télécharger une fiche d'inscription

Avec l'ensemble de ces outlls, l'UNAFORMEC met à votre dispostion tous les moyens pour accéder à une FMC de qualité et indépendante.

 


bibliomedBibliomed 552 du 3 juillet 2009 : Quelle stratégie de traitement pour le diabète de type 2 ?

Le diabète de type 2 (DT2) a deux types de complications, microvasculaires (rétiniennes, rénales et neuropathiques), et macrovasculaires, celles du risque cardiovasculaire (RCV) qui est ici de 20% ou plus sur 10 ans. Les patients sont souvent âgés, ont d’autres pathologies et d’autres risques et comme dans toute maladie chronique l’observance est souvent difficile. Le DT2 représente ainsi un exemple typique de la nécessité d’une médecine centrée sur le patient, comme le proposent des recommandations américaines spécifiques. Il s’agira de prendre en compte tous les aspects de la maladie, les problèmes médicaux associés, les caractéristiques du patient, ses attentes et besoins..

Pour lire la suite de ce numéro et s’abonner à Bibliomed ... et consulter gratuitement les numéros datés de plus d'un an...


jfaxJournal Faxé 480 du 24 juin 2009 : La folie de l'évaluation permanente.

Des personnalités de toutes disciplines s’interrogent de plus en plus bruyamment, partout dans le monde, sur la « dictature de la qualité ». Dans tous les systèmes de soins, l’évaluation sur des indicateurs divers de type quantitatif, hier encore incontournable, seule possibilité de progrès et sans doute gage de moindres dépenses, commence à être perçue comme une source supplémentaire de gabegie. Les ressources ainsi utilisées font d’autant plus cruellement défaut ailleurs, faute de moyens et de professionnels. Le reflux démographique qui se confirme risque d’aggraver les choses. Surtout, la « qualité » ainsi mise en paramètres mesurables paraît bien loin du souhaitable…

Pour la philosophe Avita Ronell, vouloir tout rendre calculable est une aberration contemporaine qui exclut les subtilités, les nuances ou même l’imprécision de la vie quotidienne (1)

L’intention est légitime : la recherche de qualité des soins est, dans toutes ses dimensions, une exigence éthique de notre engagement envers nos patients. Le problème que souligne A. Ronell est que « cette volonté d’évaluation et de vérification trahit du même coup une conception comptable de l’activité professionnelle, qui n’a fait l’objet d’aucune mise en perspective. Il demeure une part de la réalité qui est inexaminable, rétive aux tests et évaluations et pour laquelle ceux-ci n’ont même aucun sens »1. Les avertissements sur les dangers du financement des hôpitaux « à l’activité » par la T2A, concept d’« hôpital entreprise » repris dans la loi HPST, le manque chronique de moyens et d’effectifs dans les hôpitaux publics, sont autant de signes du malaise profond du secteur tertiaire de la santé. Mais l’irruption totalitaire - et les dangers - du « quantitatif » dans le domaine de l’évaluation de la qualité des soins se retrouve à l’identique dans les deux autres secteurs de la santé…

Un exemple à méditer, rapporté par nos amis d’outre-Manche (2). Il s’agit de celui d’une femme hypertendue, souffrant aussi de BPCO après de nombreuses années de tabagisme. On vient de lui découvrir un cancer de l’oesophage… L’une de ses enfants a de sérieux problèmes scolaires, et elle s’angoisse, pas seulement pour sa propre vie, mais aussi pour ce qui attend cette petite fille. Son couple est en plein marasme. Sa soeur, atteinte d’un cancer du poumon, est déjà très malade. Les enfants de cette soeur ont des problèmes, comme ses enfants à elle… et ce n’est que le début d’une histoire qui se complexifie à mesure qu’on la raconte. Ces multiples ingrédients interagissent de manière imprévisible, chacun pouvant affecter les chiffres de pression artérielle et renforcer ou au contraire rendre inopérant le traitement prescrit. En quoi fixer une cible tensionnelle à moins de 150/90 mm Hg évalue t-il la qualité des soins nécessaires à cette patiente ? Exemple qui n’a rien de si invraisemblable : c’est celui de la vraie vie ; il est dans tous les fichiers d’un médecin généraliste… Un « développement professionnel continu » qui ne serait que le reflet d’une quelconque course à l’évaluation ne peut être que dangereux pour l’objectif même de qualité des soins. A. Ronell rappelle à juste titre que tout n’est pas connaissable, calculable, programmable, ni même envisageable…

JP VALLEE

1- Ronell A. Propos recueillis à l’occasion de la sortie de son livre Test Drive. Marianne. 2009;634:80-2.
2- Heath I et al. Quality in primary Health Care: a multidimensional approach to complexity. BMJ. 2009;338:911-3.

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