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Le
Magazine de l'UnaformeC - Bimensuel |
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En lisant cette loi, nous devons bien convenir que nous restons sur notre faim. La seule chose claire est une obligation. Mais peut-être devons nous nous réjouir que la loi ne donne pas un cadre précis : les décrets restent à écrire. Nous ne doutons pas que l’avis de la profession sera demandé par les services du ministère ; ce sera à notre sens une aide précieuse pour rendre faisable, acceptable et utile ce DPC aux médecins, et pourqupoi pas aux patients... Éric DRAHI 1- Le développement professionnel continu a pour objectifs l’évaluation des pratiques professionnelles, le perfectionnement des connaissances, l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins ainsi que la prise en compte des priorités de santé publique et de la maîtrise médicalisée des dépenses de santé. Il constitue une obligation pour les médecins. |
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Le diabète de type 2 (DT2) a deux types de complications, microvasculaires (rétiniennes, rénales et neuropathiques), et macrovasculaires, celles du risque cardiovasculaire (RCV) qui est ici de 20% ou plus sur 10 ans. Les patients sont souvent âgés, ont d’autres pathologies et d’autres risques et comme dans toute maladie chronique l’observance est souvent difficile. Le DT2 représente ainsi un exemple typique de la nécessité d’une médecine centrée sur le patient, comme le proposent des recommandations américaines spécifiques. Il s’agira de prendre en compte tous les aspects de la maladie, les problèmes médicaux associés, les caractéristiques du patient, ses attentes et besoins.. Pour lire la suite de ce numéro et s’abonner à Bibliomed ... et consulter gratuitement les numéros datés de plus d'un an... |
Des personnalités de toutes disciplines s’interrogent de plus en plus bruyamment, partout dans le monde, sur la « dictature de la qualité ». Dans tous les systèmes de soins, l’évaluation sur des indicateurs divers de type quantitatif, hier encore incontournable, seule possibilité de progrès et sans doute gage de moindres dépenses, commence à être perçue comme une source supplémentaire de gabegie. Les ressources ainsi utilisées font d’autant plus cruellement défaut ailleurs, faute de moyens et de professionnels. Le reflux démographique qui se confirme risque d’aggraver les choses. Surtout, la « qualité » ainsi mise en paramètres mesurables paraît bien loin du souhaitable… Pour la philosophe Avita Ronell, vouloir tout rendre calculable est une aberration contemporaine qui exclut les subtilités, les nuances ou même l’imprécision de la vie quotidienne (1)… L’intention est légitime : la recherche de qualité des soins est, dans toutes ses dimensions, une exigence éthique de notre engagement envers nos patients. Le problème que souligne A. Ronell est que « cette volonté d’évaluation et de vérification trahit du même coup une conception comptable de l’activité professionnelle, qui n’a fait l’objet d’aucune mise en perspective. Il demeure une part de la réalité qui est inexaminable, rétive aux tests et évaluations et pour laquelle ceux-ci n’ont même aucun sens »1. Les avertissements sur les dangers du financement des hôpitaux « à l’activité » par la T2A, concept d’« hôpital entreprise » repris dans la loi HPST, le manque chronique de moyens et d’effectifs dans les hôpitaux publics, sont autant de signes du malaise profond du secteur tertiaire de la santé. Mais l’irruption totalitaire - et les dangers - du « quantitatif » dans le domaine de l’évaluation de la qualité des soins se retrouve à l’identique dans les deux autres secteurs de la santé… Un exemple à méditer, rapporté par nos amis d’outre-Manche (2). Il s’agit de celui d’une femme hypertendue, souffrant aussi de BPCO après de nombreuses années de tabagisme. On vient de lui découvrir un cancer de l’oesophage… L’une de ses enfants a de sérieux problèmes scolaires, et elle s’angoisse, pas seulement pour sa propre vie, mais aussi pour ce qui attend cette petite fille. Son couple est en plein marasme. Sa soeur, atteinte d’un cancer du poumon, est déjà très malade. Les enfants de cette soeur ont des problèmes, comme ses enfants à elle… et ce n’est que le début d’une histoire qui se complexifie à mesure qu’on la raconte. Ces multiples ingrédients interagissent de manière imprévisible, chacun pouvant affecter les chiffres de pression artérielle et renforcer ou au contraire rendre inopérant le traitement prescrit. En quoi fixer une cible tensionnelle à moins de 150/90 mm Hg évalue t-il la qualité des soins nécessaires à cette patiente ? Exemple qui n’a rien de si invraisemblable : c’est celui de la vraie vie ; il est dans tous les fichiers d’un médecin généraliste… Un « développement professionnel continu » qui ne serait que le reflet d’une quelconque course à l’évaluation ne peut être que dangereux pour l’objectif même de qualité des soins. A. Ronell rappelle à juste titre que tout n’est pas connaissable, calculable, programmable, ni même envisageable… JP VALLEE 1- Ronell A. Propos recueillis à l’occasion de la sortie de son livre Test Drive. Marianne. 2009;634:80-2. Pour lire tous les autres Journaux Faxés (accès libre) … |
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